30 avril 2010
Extrait de "100 ans de solitude"
"[...] C'était l'histoire de la famille, rédigée par Melquiades jusque dans ses détails les plus quotidiens, avec cent ans d'anticipation. [...] Mais avant d'arriver au vers final, il avait déjà compris qu'il ne sortirait jamais de cette chambre, car il était dit que la cité des miroirs (ou des mirages) serait rasée par le vent et bannie de la mémoire des hommes à l'instant où Aureliano Babilonia achèverait de déchiffrer les parchemins, et que tout ce qui y était écrit demeurait depuis toujours et resterait à jamais irrépétible, car aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n'était pas donné sur terre de seconde chance."
Extraits de "100 ans de solitude" - Gabriel Garcia Marquez
23 avril 2010
Extraits de "La Peste" de Albert Camus
"[...] Mais puisque l'ordre du monde est réglé par la mort, peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu'on ne croit pas en lui et qu'on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait."
"Rieux marchait toujours. À mesure qu’il avançait, la foule grossissait autour de lui, le vacarme s’enflait et il lui semblait que les faubourgs, qu’il voulait atteindre, reculaient d’autant. Peu à peu, il se fondait dans ce grand corps hurlant dont il comprenait de mieux en mieux le cri qui, pour une part au moins, était son cri. Oui, tous avaient souffert ensemble, autant dans leur chair que dans leur crâne, d’une vacance difficile, d’un exil sans remède et d’une soif jamais contentée. Parmi ces amoncellement de morts, les timbres des ambulances, les avertissements de ce qu’il est convenu d’appeler le destin, le piétinement obstiné de la peur et la terrible révolte de leur cœur, une grande rumeur n’avait cessé de courir et d’alerter ces êtres épouvantés, leur disant qu’il fallait retrouver leur vraie patrie. Pour eux tous leur vraie patrie se trouvait au-delà des murs de cette ville étouffée. Elle était dans les broussailles odorantes sur les collines, dans la mer, les pays libres et le poids de l’amour. et c’était vers elle, c’était vers le bonheur, qu’ils voulaient revenir, se détournant du reste avec dégoût."
Extraits de "La Peste" - Albert Camus
22 avril 2010
La valse lente des tortues de Katherine Pancol
| L'avis de Milou (Merci !!!) : Katherine Pancol, comme Anne Gavalda, s'attache à nous décrire le quotidien de personnages que nous pourrions tous interpréter ou croiser tous les jours. Dans La Valse lente des Tortues, nous retrouvons les héros de son précédent roman Les Yeux jaunes des Crocodiles. J'avais donc laissé Joséphine, l'héroïne principale, en pleine gloire et en pleine réussite professionnelle mais en plein doute personnel. Elle était parvenue à surmonter la mort de son mari, a élevé ses filles et à couper le cordon avec une mère et une sœur jalouses, ingrates, mauvaises, sournoises et calculatrices !! | |
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Au début du roman, nous apprenons que Joséphine a quitté la banlieue pour s'installer dans un immense appartement se situant dans un quartier huppé et chic de Paris dans lequel elle vit avec sa fille cadette Zoé. Elle est en plein en doute professionnel : elle n'a plus l'inspiration et a peur de ne plus être prise au sérieux suite à tous les événements liés à la sortie de son roman. Se montrera t-elle donc à la hauteur face à ce nouveau challenge ? Et sur le plan personnel, elle se pose aussi pas mal de questions : a t-elle bien fait de laisser sa fille aînée Hortense aller s'installer à Londres pour qu'elle y réalise ses rêves? Comment conserver le lien avec Zoé qui entre dans l'adolescence et qui se montre subitement froide et distante ? Que faire pour oublier Philippe (le mari de sa sœur) auquel elle ne cesse de penser et d'aimer ? Vincent va t-il enfin se décider à lui déclarer son amour? Et est-elle une si mauvaise sœur parce qu'elle se refuse à aller rendre visité à sa sœur hospitalisée ? Comment supporter le quotidien lorsque votre meilleure amie est partie s'installer à Londres ?
J'ai été touchée par tout ce qui arrive à Joséphine. J'ai trouvé un peu de moi dans chacun des personnages. Il y a de mes doutes d'adolescente dans Zoé qui veut à la fois grandir pour tomber amoureuse et rester une petite fille pour ne pas souffrir des problèmes des adultes. Dans Hortense, j'aime son coté fashion victim car je ne peux nier que j'adore faire du shopping. Et j'admire son coté téméraire qui lui permet d'aller de l'avant et de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Chez Iris,la sœur et Henriette, la mère, je ne prends rien. J'ai encore une certaine naïveté car j'ai du mal à imaginer que de telles personnes puissent exister. Avec Joséphine, nous avons quelques points communs. C'est peut-être aussi pour cela que je la trouve si attachante. Comme elle, j'ai ce coté fleur bleue qui me fait encore que le Prince Charmant existe. Je possède aussi son penchant, du moins je l'espère, pour sa fidélité en amitié et bien sur en amour !! Et puis, comme elle, je suis en proie à me poser des milliards de questions et à douter des mes capacités et de mes charmes. Cela peut-être un frein face à certaines situations mais au final ces interrogations nous font avancer, grandir et prendre des décisions. Pas toujours les bonnes mais il faut toujours prendre le meilleur même dans le pire. Le principal étant qu'elle ne nous fassent pas passer à coté des événements et louper de jolies occasions amoureuses et/ou professionnelles. Présentation de l'éditeur: | |
16 avril 2010
Les larmes de Romain Gary
"Les larmes sont des gosses de riches. Elles ont la santé bien délicate ! Il leur faut un toit au dessus de la tête, une bonne soupe le soir et les pantoufles et la bouillotte dans le lit. Elles deviennent alors belles et dodues et il suffit d’un rien –une dent creuse, un chagrin d’amour- pour les faire sortir de leur coquille. Mais donnez leur deux guerres de père en fils, rasez leur maison, collez-les dans un camp de concentration et les voilà qui se mettent à mourir comme des mouches.
- et vos larmes à vous de quoi sont elles mortes ?
- Il y en a une qui a été tuée en Espagne, dans les brigades internationales. Une autre en Grèce : une vieille larme idéaliste. Plusieurs millions sont mortes en Pologne : c’étaient toutes des larmes juives. Une a été lynchée à Détroit, parce qu’elle avait du sang nègre. Il y en a qui ont péri a Stalingrad et dans la R.A.F., plusieurs ont été fusillées au Mont-Valérien… et me voilà maintenant tout seul sans une larme, pareil moins à un homme qu’à un bout de bois mort."
Extrait de "Tulipe" - Romain Gary
15 avril 2010
La PAL d'avril se découvre d'un fil
Bon.. en fait je triche un peu il y a 2 livres pour ma mère : "Contes et Nouvelles" de Eça de Queiroz et "Trois femmes puissantes" de Marie Ndiaye.
Pour moi il y a :
- "Incidences" de Philippe Djian (>> voir la critique d'Incidences )
- "La Peste" d'Albert Camus (>> cf mes bonnes résolutions 2010)
- "L'attrape-coeur" de J.D. Salinger (>> voir la critique de L'Attrape-cœur)
- "Seul le silence" de R.J. Ellory (>> voir la critique de Seul le silence)
14 avril 2010
Livres Numériques : Pour ou contre ?
D’un côté j’aime beaucoup lire.
De l’autre je suis un peu geekette et mon iPhone est mon meilleur ami.
Naturellement je devrais déjà avoir mon livre numérique et prêcher la bonne parole afin d’aider à son développement ... Et bien non ! Je crois même que je suis contre... Pour le moment. Je me suis donc dit qu’il était temps que je mette tout cela à plat en listant mes arguments
POUR le bon vieux papier !
- j’adore l’odeur d’un livre neuf,
- j’adore l’odeur d’un vieux livre,
- pour moi le livre est un compagnon et non un objet sacré qu’il ne faut pas abimer. Au contraire, chaque roman me suit sur une période et partage avec moi la pluie, les coudes à coudes dans le métro bondé, mes déjeuners, le sable, etc.... Chaque roman que j’ai lu garde en lui ces souvenirs....
- c’est joli une bibliothèque pleine de livre ! Ca servirait à quoi une bibliothèque vide ?
- pour le plaisir d’offrir : c’est quand même plus sympa que de filer une clé USB ! (pas facile à dédicacer une clé USB !),
- un livre c’est fait pour être prêté ! Pour vivre sa propre vie.... Je vais pas filer mon livre numérique dès que j’ai aimé un roman ! Ça risque de me couter très cher !
- j’aurais trop peur d’utiliser mon livre numérique dans mon bain, à la piscine ou à la mer.... C’est pas tout à fait le même investissement,
- j’adore passer des heures à la Fnac à feuilleter des dizaines de bouquins et à lire toutes les 4ème de couverture,
Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous passé le cap du livre numérique ? Pour quelles raisons ?
13 avril 2010
Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth
| Oscar Wilde découvre le cadavre d’un de ses protégés et décide de se lancer sur les traces de son meurtrier.
Nous avons donc un héros charismatique, complexe et ambigu. Un crime rituel, un cadavre qui disparaît, un assistant à la Watson, le Londres des années Victoriennes, on y croise même Sir Arthur Conan Doyle ! Un roman plein de promesses donc, mais au final une grosse déception. L’auteur a essayé de faire d’Oscar Wilde un nouveau Sherlock Holmes, mais cela n’est pas une réussite, pourtant il y avait de la matière ! Comme s’il n’avait pas osé aller au bout des choses, il nous dresse une peinture froide et vague de Wilde. | |
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L’intrigue est creuse, l’enquête n’avance guère, les dialogues tombent à plat, le dénouement n’est pas surprenant, les sous entendus sur les mœurs de Wilde sont trop nombreux et n’apportent rien à l’histoire. Passez votre chemin, il n’y a rien à voir ici ! 4ème de couverture : | |
09 avril 2010
Extrait des "Liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos
"J’ai dirigé sa promenade de manière qu’il s’est trouvé un fossé à franchir ; et, quoique fort leste, elle est encore plus timide (vous jugez bien qu’une prude craint de sauter le fossé). Il a fallu se confier à moi. J’ai tenu dans mes bras cette femme modeste. Nos préparatifs et le passage de ma vieille tante l’avaient fait rire aux éclats : mais, dès que je me fus emparé d’elle, par une adroite gaucherie, nos bras s’enlacèrent naturellement. Je pressai son sein contre le mien ; et, dans ce court intervalle, je sentis son cœur battre plus vite. L’aimable rougeur vint colorer son visage, et son modeste embarras m’apprit assez que son cœur avait palpité d’amour et non de crainte. Ma tante cependant s’y trompa comme vous, et se mit à dire : L’enfant a eu peur ; mais la charmante candeur de l’enfant ne lui permit pas le mensonge, et elle répondit naïvement : « Oh ! non, ce n’est pas cela. » Ce seul mot m’a éclairé. De ce moment, le doux espoir a remplacé la cruelle inquiétude. J’aurai cette femme ; je l’enlèverai au mari qui la profane ; j’oserai la ravir au Dieu même qu’elle adore. Quel délice d’être tour à tour l’objet et le vainqueur de ses remords ! Loin de moi l’idée de détruire les préjugés qui l’assiègent ! ils ajouteront à mon bonheur et à ma gloire. Qu’elle croie à la vertu, mais qu’elle me la sacrifie. Que ses fautes l’épouvantent sans pouvoir l’arrêter, et, qu’agitée de mille terreurs, elle ne puisse les oublier, les vaincre que dans mes bras. Qu’alors, j’y consens, elle me dise : Je t’adore ; elle seule, entre toutes les femmes, sera digne de prononcer ce mot. Je serai vraiment le Dieu qu’elle aura préféré."
Extrait des "Liaisons dangereuses" - Choderlos de Laclos
>> Voir mon avis sur ce roman de la littérature classique
08 avril 2010
Stats mars 2010 pour Quoi Lire
Merci à tous de votre fidélité à Quoi Lire. J'espère que vous y trouvez des idées de lecture intéressantes.
Voici les notes et les rubriques que vous avez le plus consultées en mars 2010 sur Quoi Lire :
TOP NOTES :
1. Le quiz "Détectives célèbres"
2. Shutter Island de Dennis Lehane
3. Crime et Châtiment de Fedor Dostoïevski
4. La fée Carabine de Daniel Pennac
5. Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos
TOP RUBRIQUES :
1. Littérature
- Les Classiques
2. Littérature - romans contemporains
3. Littérature - romans historiques
4. Romans Policiers - Thrillers
Encore merci !
Nad


