02 novembre 2010
Impardonnables de Philippe Djian
| Djian nous raconte l’histoire de Francis, écrivain écorché par la vie et la perte de sa femme et de sa fille dans un accident. Bien qu’il ait refait sa vie, son monde continue de s’écrouler peu à peu autour de lui... Alice, son autre fille avec laquelle il a partagé la douleur et le deuil disparaît, Judith sa nouvelle femme s’éloigne inexorablement de lui, il doit s'occuper de Jérémie jeune homme torturé et violent et comble de l’écrivain, il a le syndrome de la page blanche... Au fur et à mesure des rencontres et des déceptions, il s’éloigne des femmes de sa vie pour retourner à l’écriture car la solitude et les tourments de l’écriture semblent plus facile que le pardon. | |
|
J’aime bien cet auteur au style tranchant, noir et à l'humour acéré cependant j’ai été déçue par “Impardonnables”. En effet, comme souvent avec Djian, je trouve que ce roman manque de structure : je veux un début et une fin c’est pas compliqué ! C’est certainement moi qui suis trop “traditionnelle” et “conventionnelle” car j’aime qu’une histoire m’emmène d’un point à autre, quel que soit le trajet mais je ne supporte pas qu’on me laisse au même point... Et encore moins qu’on m’abandonne sur le bas côté sans aucune explication... Présentation de l'éditeur : Francis est un écrivain à succès, meurtri par l'existence. Sa femme et l'une de ses deux filles sont mortes devant ses yeux. A soixante ans, il est maintenant installé au Pays basque où il a mis de côté ses derniers remords en se remariant. Mais voilà que sa fille Alice qu'il chérit plus que tout, disparaît brutalement et brise ce fragile équilibre. De la forteresse mentale qu'il se construit pour ne pas s'effondrer, il va découvrir un monde sans pardon possible. . | |
30 août 2010
L’effet Larsen de Delphine Bertholon
![]() Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec le site Chroniquesdelarentreelitteraire.com et dans le cadre de l’organisation du Grand Prix Littéraire du Web Cultura. Le sujet de ce roman est plus que délicat ; il y est question de la perte d’un être cher, d’un père, d’un mari et surtout du deuil. Nola, la narratrice nous raconte l’été de ses 18 ans : août 98 la France est championne du monde et une euphorie générale règne sur cet été caniculaire. L’héroïne, elle est bien loin de cette liesse populaire, isolée du monde, elle subit des épreuves très difficiles. Elle a tout d’abord perdu son père l’hiver précédant ce qui a brisé son insouciance adolescente et sa joie de vivre. Loin des préoccupations des jeunes filles de son âge, elle se pose désormais des questions existentielles et se bat chaque jour pour sur(vivre). Début août, sa mère et elle sont, de plus, contraintes d'emménager dans un vieil immeuble tortueux qui va déclencher un nouveau drame. En effet, la mère de Nola sombre peu à peu dans une grave dépression qui va s’exprimer physiquement par de l’hyperacousie. L'hyperacousie est un dysfonctionnement de l'audition, caractérisé par une hypersensibilité de l'ouïe ; concrètement cela signifie que son ouïe est si développée que le moindre froissement de tissu, chaque goute d’eau tombant sur le sol, chaque vol de mouche sonne a son oreille comme un hurlement. | |
|
Son corps semble rejeter le bruit, les autres, le monde et la vie se punissant ainsi de la mort de son mari. Du jour au lendemain, elle devient l’ombre d’elle même, le fantôme de la femme qu’elle fut.
Nola quant à elle refuse de se laisser abattre. Elle accepte son chagrin et se lance dans une quête humaine et artistique afin de tourner la page, de faire son deuil et d’enterrer, une fois pour toute, les secrets de famille. Sans jamais tomber dans le pathos, l’auteur nous livre un roman d’une extrême justesse. Cette héroïne faible et forte à la fois nous donne une leçon de vie, d’optimisme et de persévérance. Son langage plein de colère vous fera même sourire au coin d’une page et son obsession étrange pour les oreilles nous désarçonne aux moments les plus inattendus. Il s’agit aussi, en quelque sorte, d’un roman initiatique ; face à cette tragédie, Nola est obligée de grandir d’un coup, d’abandonner son cocon de jeune adolescente et de rentrer plus vite que prévu dans la vie adulte. Le plus beau, c’est que c’est par l’art et par l’ouverture aux autres qu’elle va y arriver. L’héroïne ne sacrifie pas sa vie pour ses voisins, elle va seulement leur parler, s’ouvrir un peu et écouter des « tranches » de leurs vies, de leurs tragédies. Ainsi elle découvre une palette de désillusions, de tristesses, de pertes mais aussi différentes réactions et façons d’exprimer cette tristesse. Et c’est ainsi qu’elle va, au fil des rencontres, trouver sa propre voie pour accepter son malheur et aller de l’avant afin de reprendre le cours de sa vie. Loin du pathos, loin des ficelles vulgaires dont souffre trop souvent la littérature contemporaine. C’est une belle leçon de vie ou de mort. A découvrir. Présentation de l'éditeur : Depuis plus d’une décennie, Nola vit avec une zone d’ombre au sein de son histoire. Mais voilà : on ne peut pas fuir éternellement… Elle décide alors, l’année de ses trente ans, d’enfin trucider son fantôme. Elle rembobine, jusqu’à cet été-là, l’été le plus marquant de son existence. Août 1998. Il fait 37 degrés, Paris est vide, les Bleus sont champions du monde. Nola a dix-huit ans et vient de perdre son père, Jacques. Sauvée de la solitude par un job d’été dans un bistrot où les hurluberlus imbibés se succèdent plus vite que les petits ballons de rouge, la jeune fille gère avec les moyens du bord le chagrin de Mira, sa mère, et sa propre colère. Contraintes d’emménager dans l’« immeuble-mutant », reflet architectural de leurs vies décrochées, les deux femmes espèrent se reconstruire. Mais, à peine un pied posé dans le nouvel appartement, Mira présente d’étranges symptômes. Le bruit du monde lui devient intolérable : un papier froissé sonne comme une explosion, un robinet qui goutte suffit à la faire disjoncter. Nola assiste, impuissante, à la lente descente aux enfers de sa mère,et s’interroge sur ce que tout cela signifie. L’hyperacousie est-elle le simple contrecoup de la mort de Jacques, ou la matérialisation de quelque chose d’autre ? Cet abominable immeuble serait-il une sorte de catalyseur ? Peut-être, mais de quoi ? Et surtout, comment soulager Mira de ce poids infini, qui semble se situer bien au-delà du deuil ? Commence alors pour la jeune Nola une (en)quête insolite au cœur de la mémoire familiale. | |
07 juin 2010
Les Yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol
| Malgré les conseils de mes amies, c’est avec un certain recul que je me suis lancée dans ce roman. En effet j’avais un peu peur de tomber sur du sous Anna Gavalda – et encore, je ne suis pas une inconditionnelle de Anna Gavalda, même si je suis tombée dans le piège de “Ensemble c’est tout”. J’ai donc profité de mes quelques jours de vacances pour me lancer dans ce pavé. Alors oui c’est un livre “de filles “ au sens péjoratif du terme – désolée – mais bon au final il se lit facilement... C’est comme regarder un épisode des experts, on sait que ça ne va pas être passionnant mais ça va nous divertir.... Du Easy Reading en quelque sorte... Voici la recette de ce gâteau fade mais nourrissant : | |
|
1. Des personnages caricaturaux, sans nuance qui permettent à l’auteur d’offrir une palette de personnages auxquels s’identifier (la jeune fille qui veut grandir, l’ado rebelle, la quadra en crise existentielle en plusieurs versions, etc.). On reste vraiment en surface et si certaines personnes ont réussies à s'identifier à ces personnages, personnellement, je suis complètement passée à côté. J'aime les personnages complexes et torturés, avec une part de bien et une part de mal, car c'est plus proche de la réalité. 2. Des histoires convenues, téléphonées qui manquent d’originalité et de rythme... On va d’un cliché à l’autre, sans y croire une seule seconde.. A vouloir trop en faire, Pancol s’y perd et nous perd.... On a un peu l’impression de regarder les feux de l’amour tant certaines situations sont grotesques. 3. Une Happy End : “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil” - Ça finit bien pour les gentils et les méchants eux s’en sortent moins bien - Mais pas trop non plus car ça se passe comme ça dans le monde des Bisounours. Ok je dresse ici un tableau très critique d’un roman que j’ai pourtant lu en quelques jours, au soleil, sur mon transat’.... Ok ce n’est pas si dur que ça à lire – même si le style de l’auteur est souvent “limite” voire “limité”. Disons juste qu’il ne faut pas être exigeant ! Du Easy Reading, parfait pour les vacances si vous ne voulez pas réfléchir, ni faire marcher votre imaginaire, ni enrichir votre vocabulaire :) Allez j’arrête le massacre, n’hésitez pas à me dire ce que VOUS avez pensé de ce roman ! Présentation de l'éditeur : | |
20 mai 2010
Incidences de Philippe Djian
| Marc, professeur universitaire essaye d’apprendre à ses élèves comment devenir de grands écrivains ou scénaristes car lui même n’a jamais eu suffisamment de talent pour y arriver. (on se demande d’ailleurs parfois si les théories sur l’écriture sont celles du narrateur ou de l’auteur lui même.) Il vit avec sa sœur avec dans la maison de leur enfance ou ils ont vécu sous l’emprise et les coups d’une mère hystérique (un peu classique mais bon passons...). Leur relation est fusionnelle, passionnelle et ambiguë (pour ne pas dire incestueuse). | |
|
Dans la vie, Marc a un passe temps : coucher avec ses jeunes étudiantes. Il enchaine les liaisons comme d’autres collectionnent les timbres... Jusqu’au jour où l’une de ses conquêtes décède dans son lit. Contrairement à la logique, il n’appelle pas la police et préfère jeter le corps dans une crevasse en pleine forêt ! On se dit tient Djian nous fait du Polar ? Que nenni, l’enquête policière n’est pas le but de la manœuvre (mais alors pas du tout). Non, le but c’est de nous montrer la descente aux abîme d’un esprit déjà pas très sain à la base.... Je ne vous en dévoile pas plus. Ce livre m’a laissé une impression étrange. D’un côté j’ai été emballée par la “musique de l'écriture” de Djian. Le narrateur (ou Djian) dit « N'importe quel crétin est capable de raconter une histoire. La seule affaire est une affaire de rythme, de couleur, de sonorité. ». Et pour le coup Djian sait très bien le faire. J’ai avalé ce livre en quelques heures, sans pouvoir m’en détacher et pourtant.... Et pourtant j’ai aussi un sentiment de vide, de creux, de déception comme si l’auteur avait tellement travaillé sur la forme, qu’il n’avait pas eu le temps de s’occuper du fond. Je pense qu’il aurait pu creuser d’avantage son histoire et ses personnages afin de rendre ce roman vraiment passionnant et abouti. Présentation de l'éditeur : | |
22 avril 2010
La valse lente des tortues de Katherine Pancol
| L'avis de Milou (Merci !!!) : Katherine Pancol, comme Anne Gavalda, s'attache à nous décrire le quotidien de personnages que nous pourrions tous interpréter ou croiser tous les jours. Dans La Valse lente des Tortues, nous retrouvons les héros de son précédent roman Les Yeux jaunes des Crocodiles. J'avais donc laissé Joséphine, l'héroïne principale, en pleine gloire et en pleine réussite professionnelle mais en plein doute personnel. Elle était parvenue à surmonter la mort de son mari, a élevé ses filles et à couper le cordon avec une mère et une sœur jalouses, ingrates, mauvaises, sournoises et calculatrices !! | |
|
Au début du roman, nous apprenons que Joséphine a quitté la banlieue pour s'installer dans un immense appartement se situant dans un quartier huppé et chic de Paris dans lequel elle vit avec sa fille cadette Zoé. Elle est en plein en doute professionnel : elle n'a plus l'inspiration et a peur de ne plus être prise au sérieux suite à tous les événements liés à la sortie de son roman. Se montrera t-elle donc à la hauteur face à ce nouveau challenge ? Et sur le plan personnel, elle se pose aussi pas mal de questions : a t-elle bien fait de laisser sa fille aînée Hortense aller s'installer à Londres pour qu'elle y réalise ses rêves? Comment conserver le lien avec Zoé qui entre dans l'adolescence et qui se montre subitement froide et distante ? Que faire pour oublier Philippe (le mari de sa sœur) auquel elle ne cesse de penser et d'aimer ? Vincent va t-il enfin se décider à lui déclarer son amour? Et est-elle une si mauvaise sœur parce qu'elle se refuse à aller rendre visité à sa sœur hospitalisée ? Comment supporter le quotidien lorsque votre meilleure amie est partie s'installer à Londres ?
J'ai été touchée par tout ce qui arrive à Joséphine. J'ai trouvé un peu de moi dans chacun des personnages. Il y a de mes doutes d'adolescente dans Zoé qui veut à la fois grandir pour tomber amoureuse et rester une petite fille pour ne pas souffrir des problèmes des adultes. Dans Hortense, j'aime son coté fashion victim car je ne peux nier que j'adore faire du shopping. Et j'admire son coté téméraire qui lui permet d'aller de l'avant et de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Chez Iris,la sœur et Henriette, la mère, je ne prends rien. J'ai encore une certaine naïveté car j'ai du mal à imaginer que de telles personnes puissent exister. Avec Joséphine, nous avons quelques points communs. C'est peut-être aussi pour cela que je la trouve si attachante. Comme elle, j'ai ce coté fleur bleue qui me fait encore que le Prince Charmant existe. Je possède aussi son penchant, du moins je l'espère, pour sa fidélité en amitié et bien sur en amour !! Et puis, comme elle, je suis en proie à me poser des milliards de questions et à douter des mes capacités et de mes charmes. Cela peut-être un frein face à certaines situations mais au final ces interrogations nous font avancer, grandir et prendre des décisions. Pas toujours les bonnes mais il faut toujours prendre le meilleur même dans le pire. Le principal étant qu'elle ne nous fassent pas passer à coté des événements et louper de jolies occasions amoureuses et/ou professionnelles. Présentation de l'éditeur: | |
30 mars 2010
Le retour des caravelles de António Lobo Antunes
| Antonio Lobo Antunes, écrivain portugais, nous livre dans ce roman une anti-épopée très étrange, poétique et sombre. Dans un Lisbonne des années 1975 qui assiste au retour de ses colons, on croise des caravelles et des pétroliers, des chérubins volants et des plantes carnivores.... Oui je sais.. Je vous avais bien dit que c’était étrange... Nous suivons donc le retour au Pays de colons qui ont perdu leurs repères et leurs espoirs durant leurs années d' exil... Ils reviennent dans une Lisbonne qu’ils ne reconnaissent plus et rêvent de pays exotiques à jamais perdus. | |
|
Enfin, le style de l’auteur est vraiment unique (il en devient même parfois très difficile à lire : j’ai du relire pas mal de passage pour être sure de comprendre....) car il utilise tous les artifices que la langue peut lui offrir : hypallages*, oxymores*, zeugmas*, etc... Mais on finit par s’y habituer et rentrer dans la poésie, la mélancolie du roman.... Ce qui m’a cependant le plus déroutée et ce jusqu’à la dernière page, c’est que l’auteur passe de la 3ème personne à la première en quelques lignes : il décrit un des personnages, les lieux, ce qu’il se passe et poufffff la description passe à la première personne et ce n’est plus le narrateur qui parle mais le personnage... Très déroutant...
Alors que conclure de tout cela ? Oui ! Ce roman est difficile à lire, il faut être concentré et rentrer dans le style très particulier de l’auteur. Oui , ce roman est super intéressant, il permet de découvrir d’un coup le double visage du Portugal : du grand explorateur qui a parcouru et découvert de nouveaux mondes à une nation faible qui n’a pas su se relever de la perte de ses colonies.
********** Omymores : on dit qu'une expression est un oxymore lorsqu'elle met côte à côte deux mots ayant des sens opposés et aboutissant à une image contradictoire et frappante pour la représentation comme dans « un silence assourdissant ». En exprimant ce qui est inconcevable, l'écrivain crée ainsi une nouvelle réalité poétique qui suscite un effet de surprise, en ajoutant de la force à la vérité décrite. Le zeugma, substantif masculin, désigne une figure de style qui consiste en deux aspects : soit il force un terme à s’accorder avec plusieurs déterminants alors que sur le plan sémantique un seul peut normalement convenir ; soit les autres termes d’une phrase suivent par ellipse l’accord d’un terme principal alors qu’ils devraient s’accorder différemment ou en genre ou en nombre. Exemple :« Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours. » — Guillaume Apollinaire, Alcools . 4ème de couverture : | |
26 janvier 2010
Krach Party de Philippe Nicholson
| Krack party est un roman sous amphétamines, survolté, speedé qui nous tient en haleine malgré la pauvreté de l’histoire. Dès les premières lignes, le style de l’auteur nous attrape et nous entraine dans une spirale infernale où drogue, sexe et bestialité se mêlent. Il s’agit d’un roman chorale dans lequel nous suivons 24 heures de la vie de Hugues Frassier, financier crapuleux et odieux, et de quelques autres personnages de la sphère financière. Ces personnages qui courtisent ou cherchent à nuire à Frassier sont plus antipathiques les uns que les autres : orgueilleux, manipulateurs, égoïstes, dépressifs, partouzeurs, etc. | |
|
Je suis bien rentrée dans l’histoire, cependant il ne se passe finalement rien de bien extraordinaire et le mélange de ces thèmes (argent, pouvoir et drogue) a déjà été exploré par le passé notamment avec "99 francs" de Frédéric Beigbeder ou encore “Money” de Paul-Loup Sulitzer (si l’on remonte encore plus loin). Du coup, la simplicité de l’histoire (pour ne pas dire la non-histoire) nuit au style hyperspeed de l’auteur et tout se termine finalement en pétard mouillé. J’aurais préféré plus de profondeur dans l’intrigue, dans les personnages qui au final ne sont que des caricatures complètement vides et déshumanisées. A noter qu'il s'agit du premier roman de l'auteur Philippe Nicholson, à suivre donc pour sa folie narrative. Présentation de l'éditeur : " Travailler dans la finance est un pré-requis pour être moderne. Pour se payer un appartement qui ne ressemble pas à un clapier, pour bouffer des produits qui ne vont pas vous tuer vous et vos gamins dans cinq ans, pour boire un verre à Ibiza, faire ses courses à New York, pleurer en écoutant un opéra à Bayreuth, c'est simple, il faut du fric, il en faut des montagnes. " Krach Party est une plongée en apnée de vingt-quatre heures dans un microcosme speedé et complètement amoral. Le récit noir d'un monde de conquérants où les proies sont perdues mais les prédateurs aussi." | |
29 décembre 2009
Le radeau de pierre de José Saramago
| Tout commence lorsque les Pyrénées se déchirent séparant la péninsule ibérique de la France et donc de l’Europe. La péninsule avance lentement dans l’océan, vers l’inconnu, ce qui provoque de nombreuses réactions de par le monde. Panique et folie dans la péninsule livrée à elle même, incidences géologiques sur les côtes méditerranéennes et sur Venise, rejet social et politique des gouvernements européens, opportunisme des USA, révolutions des jeunes européens, etc. | |
| Mais tout cela n’est que le cadre, le décor pour une autre histoire, celle de personnages anodins (mais qui sont pourtant à l’origine de cette “exode ibérique”) : un homme poursuivi par des milliers d’oiseaux, une femme et son bâton magique, un vieil homme qui “vibre” de l’intérieur, un ange gardien canin, un homme à la force herculéenne et enfin une veuve et sa pelote de laine “magique”.....
Ces personnages vont partir en voyage, sans savoir ni où, ni comment, mais ils vont se rencontrer, se découvrir et apprendre à vivre ensemble. On retrouve ici le style vraiment unique de José Saramago ; son phrasé unique, les phrases “à rallonge”, ses rares ponctuations, ses dialogues perdus dans le texte et surtout toute a poésie de cet extraordinaire auteur portugais. En effet on est entrainé dans cette histoire par la magie du narrateur dont les mots flottent tout autour de nous.... Malheureusement au final il faut bien admettre qu'il n’y a tout simplement pas d’histoire et qu’ici la forme prévaut sur le fond... J’ai cependant adoré cette lecture qui m’a fait voyager aux quatre coins de la péninsule ibérique, elle même flottant vers l’inconnu..... J’ai adoré cette poésie qui décrit avant tout des rencontres humaines, et tant pis s’il n’y pas d’explication, de but, d’histoire, tant que la magie est là. Présentation de l'éditeur : " La Péninsule Ibérique s'est éloignée soudain, tout entière et d'un seul tenant, de dix mètres à la fois " : un gigantesque navire terrestre se détache du continent européen pour retrouver, dans un périple nomade, ses origines, le berceau de sa nostalgie - l'Afrique. Embarqués dans cette étrange dérive qui bouleverse l'ordre des choses, les habitants tentent de ne pas céder à la panique. Une épopée baroque, fantastique. | |
02 novembre 2009
La douce empoisonneuse de Arto Paasilinna
| Une petite vieille qui voudrait vivre paisiblement sa retraite. Trois jeunes voyous alcooliques et stupides qui cherchent un moyen de se faire de l’argent facilement. Voilà le décor de "la douce empoisonneuse" est planté. Je ne trouve rien de plus à dire pour vous inciter à lire ce roman car malheureusement il ne s’y passe pas grand chose.. Pourtant les deux précédant romans que j’ai lu de cet auteur me l’ont fait acheter les yeux fermés. En effet dans “Petits suicides entre amis” j’ai aimé l’humour cynique qui nous raconte la déchéance et la tristesse de la Finlande, son repli dans l’alcool salvateur. Dans “ Le lièvre de Vatanen” c'est un monde de poésie, un hymne à la nature, à l’écologie mais toujours avec humour... | |
| La douce empoisonneuse, elle, n’a aucune saveur, pas même celle du cyanure. Il y a pourtant des rebondissements, des morts, des accidents.. Mais tout y est interminablement ennuyeux et plat. L’auteur a pourtant essayé de nous secouer en utiliser un ton humoristique et décalé mais rien n’y a fait, je ne suis pas rentrée dedans, bien au contraire j’ai sauté des pages, celles des flashback de mamie, car l’histoire de la Finlande franchement, la guerre, tout ça, ça n’a rien a faire là ou alors c’est juste que c’est mal amené.. Bref .. Passez votre route ! | |
Présentation de l'éditeur :
Petite vieille fragile, Linnea a décidé d’en finir : elle préfère
s’injecter du poison dans les veines plutôt que de se laisser à nouveau
violenter par son neveu, un sale type décidé à la liquider pour toucher
l’héritage.
25 juin 2009
La Consolante de Anna Gavalda
Un grand merci à Milou qui nous donne son avis sur sa dernière lecture en date : La Consolante de Anna Gavalda : J'avais hâte de retrouver l'univers d'Anne Gavalda. Qui fait qu'une
fois que tu as fait connaissance avec ses personnages, tu lâches plus le
bouquin parce que tu as envie de savoir ce qu'il va leur arriver.
Du
coup, j'ai été un peu déçue lors des premières pages de La Consolante.
Certes, son héros et les gens qui gravitent autour de lui semblent très
sympathiques mais je n'arrivais pas à m'attacher à eux. Anne Gavalda
nous présente pleins de saynètes mais tu sais plus quand elles se
passent et quels sont les liens qui les réunissent car elle jongle entre
passé et présent. Pas évident de suivre.
Mais, je suis accrochée
car je sentais qu'il le fallait. Et puis, j'avais envie de retrouver ces
gens simples, communs, de tous les jours qui finissent par vivre des situations extraordinaires dans une vie somme toute aussi ordinaire que
la notre.
Et ce qui devait arriver arriva, je me suis attachée à
ce fameux Charles et j'ai voulu savoir quels choix il allait faire. Et
surtout s'il allait faire les choix que je voulais qu'il fasse!!!Du
coup, j'ai dévoré la seconde partie du livre, dévorant les chapitres
les uns après les autres.
Et j'ai tout retrouvé. Les
questionnements. La solidarité. L'amour. Les gens qui osent changer de
vie au contact des autres. Les coïncidences qui donnent du sens à leur
vie et qui font avancer. Le plaisir simple d'un feu de camp avec
dégustation de chamallow!!!!Un pur régal pour les connaisseurs.
Tout
ça pour écrire que j'ai aimé La Consolante. Que j'ai pris du plaisir à
accompagner ce Charles Balanda et à partager quelques jours, semaines
de sa vie.
@ Milou
Présentation de l'éditeur :
« Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la
mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent.
«
Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand
il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a
l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore,
et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant.
Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C’est fini.
C'est fini, tu comprends ?»
Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas,
vers la vie. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets
et va essayer de comprendre pourquoi tour se fissure en lui; Et autour
de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est
obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est
illisible et il faut tout rebâtir.» A.G.


